PS3 > Tests PS3 > Lair PS3 > Test

Wim P3L Games Stats Flux RSS Firefox Folding@home

Test de Lair sur PS3

Test publié le 12/11/2007 par breakerfou - lu 22528 fois - Commentaires

Alors même que les exclusivités PS3 se font rares, le premier projet next-gen du studio Factor 5 avait de quoi séduire de nombreux joueurs du monolithe noir. Présentant une réalisation aguicheuse au fil des vidéos montrées et un gameplay exploitant enfin la technologie de la SIXAXIS, l'univers de Lair mélangeant le médiéval et le fantastique promettait beaucoup, à tel point que le titre était déjà considéré comme l'un des plus fiers représentants de la dernière née de Sony. Maintenant que le jeu est enfin sorti, nous pouvons d'ores et déjà vous dire que Lair n'atteint malheureusement pas cet objectif. Sans être mauvais, Lair n'a cependant rien d'un hit des familles et s'avère au final décevant à bien des niveaux.

Sauvez le monde

Dans la pure lignée des récits d'heroic-fantasy, Lair vous emmènera dans un monde des plus paisibles ou dragons et peuples humains s'entendent comme larrons en foire et forment une grande et belle civilisation. Jusqu'au jour où la nature jusque-là si calme décide d'écourter son réveil en faisant cracher des volcans des coulées immenses de lave et des nuages de fumée, plongeant ainsi la Terre dans un vaste chaos. Chaos qui provoque justement la division de la population : les Asylains et les Mokai. Vous l'aurez compris, les deux civilisations ne peuvent pas régner ensemble et vont se délivrer une guerre sans merci. Et vous, me direz-vous, de quel côté penchez-vous ? Vous incarnerez Rohn, garde céleste du peuple Asylain. A dos de votre fidèle dragon, vous devrez sauver votre civilisation dans des missions aussi épiques que spectaculaires où le courage et l'honneur seront les deux vertus qui vous guideront tout au long de l'aventure face à la cruauté et la trahison de vos propres alliés. Bien que très classique, l'histoire de Lair s'avère bien écrite et vous plongera dans un monde crédible renforcé par des cinématiques en images de synthèse très bien réalisées et bénéficiant de bons doublages. L'ensemble est servi en plus par une bande-son très immersive collant parfaitement à l'univers médiéval du titre, et qui accompagne bien les moments soutenus de l'aventure. Les bruitages, bien que peu nombreux, sont également de bonne facture avec une mention particulière aux battements d'ailes des dragons.

La SIXAXIS bat de l'aile

Attendu pour sa réalisation graphique prometteuse, Lair suscitait également beaucoup d'intérêt au niveau du gameplay, où l'on nous annonçait un jeu entièrement et uniquement jouable à la SIXAXIS. Factor 5 l'a dit, Factor 5 l'a fait, sauf que le résultat final est bien en deçà des espérances du passé. Dès le début du jeu, on se rend déjà compte que les commandes sont ultra-sensibles et approximatives. Un tutorial vous est proposé afin d'appréhender le pilotage de votre monture, qui consiste à passer dans des cercles en dirigeant votre dragon de bas en haut ou de gauche à droite. Pas forcément périlleux de prime abord, vous allez voir que diriger votre dragon en déplaçant le pad sur tous les axes est assez déroutant et peu intuitif. Car en plus d'êtres sensibles, on constate également un temps de latence au niveau des commandes entre vos déplacements du pad et la réaction du dragon, qui n'ont rien de rassurant. De plus, certaines actions comme le 180° se réalisant en donnant un coup vers le haut s'avèrent pratiquement impossibles à effectuer du fait que ce même mouvement sert également à virer violemment vers l'avant. Un joyeux bordel qu'on arrive tant bien que mal à maîtriser, surtout que là encore, les mauvaises surprises sont nombreuses comme nous le verrons plus loin.

Une fois le pilotage du dragon maîtrisé, les missions seront l'occasion pour vous de découvrir les capacités de votre monture qui s'avèrent assez nombreuses, bien qu'assez complexes. Vous devrez appuyer sur X pour battre des ailes, Carré pour cracher des flammes, R2 et L2 pour vous arrêter, les autres touches servant quant à elles lors de phases de combat plus spécifiques et moins fréquentes. A noter que le joystick droit sert à déplacer la caméra afin d'avoir une vue d'ensemble sur tout ce qui vous entoure et de profiter du panorama assez gigantesque pour peu qu'on ait le temps de s'offrir une pause découverte. Car une fois la mission lancée, le nombre d'ennemis s'avère assez impressionnant et l'on se dit que les batailles entre rois des airs s'annoncent des plus palpitantes. Première désillusion, on s'aperçoit au contraire que les batailles mélangent le tout et le n'importe quoi. La faute à un lock très perfectible et approximatif à souhait. En effet, on constate qu'il est impossible de locker des ennemis loin de nous, il faudra donc bien vous approcher pour avoir dans le viseur une de vos proies. Et une fois que votre ennemi sera locké n'espérez pas qu'il se mette à tourner autour de vous ou qu'un obstacle vienne à votre encontre, auquel cas vous aurez droit à des emballements de caméra incompréhensibles vous donnant vite le tournis. Et c'est la que la bas-blesse, vous n'arrivez jamais à vous trouver au cœur de l'action, condamné à errer dans des environnements pourtant grandioses et idéaux pour donner lieu à des joutes mémorables.

Ajoutez à cela la quasi-impossibilité d'enchaîner les shoots ou autres tueries à cause de l'absence d'un lock manuel, qui aurait été pourtant très utile afin de choisir les ennemis à tuer. S'effectuant en pressant la touche L1 ou R1, le lock vous permettra cependant différentes approches afin de tuer vos ennemis, comme l'embraser avec la touche Carré, mais aussi lui foncer dessus avec O. Parfois fatale, cette attaque avec O aboutira le plus souvent à deux phases principales de combat. La première consistera à vous mettre côte à côte avec votre adversaire ou le but sera de se mettre à son niveau en inclinant la manette de haut en bas, puis de lui rentrer dedans brutalement en faisant des mouvements vers la gauche ou la droite. Là encore, si l'action n'est pas insurmontable à la clef, les temps de latence entre vos mouvements et les coups, s'avèrent très gênants et gâchent cruellement le plaisir de jeu, si bien qu'on se retrouve heureux d'avoir tuer son ennemi sans que ce mini-combat ait lieu.

L'autre phase qui a lieue essentiellement avec les plus gros dragons débouche sur un close combat ou vous aurez la possibilité de cracher sur votre ennemi, le mordre, le griffer ou encore de le frapper tout en esquivant avec la touche L1 ou R1. Amusantes au début, ces multiples phases de combat s'avèrent au final assez redondantes et peinent à convaincre par la suite. Malgré tout, le gameplay du titre propose quelques bonnes idées comme la possibilité d'abattre un ennemi en déclenchant une phase de QTE plutôt stylée. Il vous suffira d'appuyer sur Triangle pour que votre perso saute de sa monture pour atterrir sur un autre dragon et ainsi l'achever, lui ou son cavalier, en orientant le stick analogique vers le bas pour un finish des plus léchés. Bien mises en scènes et variées, ces exécutions donneront lieu à un spectacle grisant qui vous fera sauter du dragon tué en étant réceptionné de nouveau par votre fidèle monture juste en-dessous. Autre option intéressante, une jauge de rage augmentant au fil des ennemis tués ou bâtiments détruits vous donnera l'occasion d'activer le mode Rage. En appuyant sur la touche Haut de la croix directionnelle, l'écran se flouera et ralentira l'action centrée sur vous. Vos capacités se verront alors augmenter et seront l'occasion très rare d'enchaîner les ennemis tués et de prendre du plaisir à diriger votre dragon. Car le plus frustrant dans Lair est qu'une fois dans le ciel, la sensation de prendre son pied en dirigeant votre dragon se fait rarement ressentir, un comble quand on sait que l'essentiel de l'aventure se déroule dans les airs.

Ainsi, les phases de jeu ou l'on prend pleinement son pied sont paradoxalement les phases au sol, ou toute la puissance de votre bête se trouve enfin démontrée. Présentes essentiellement pour éradiquer les troupes au sol, ces phases seront l'occasion de faire de véritables massacres à la chaîne avec la possibilité de brûler, de frapper ou de manger la tonne d'ennemis présente aux alentours. Ajoutez à cela un joli ralenti à chaque broyage de soldat, vous serez enfin fier de sortir votre bête dans un terrain de jeu aussi propice à la destruction massive. La jouabilité est également nettement plus agréable, puisque vous dirigez votre dragon avec le stick analogique. Dommage que ces phases terrestres soient aussi rares et consistent grosso modo tout le temps au même but : découper du soldat à la pelle.

Des missions peu variées et répétitives

Alors que le gameplay de Lair peine à convaincre, l'intérêt du jeu ne se trouve malheureusement pas grandit par des missions originales et variées à souhait. La plupart des missions consistent en effet à détruire tout ce qui se trouve aux alentours, à commencer par la horde de dragons présents en grand nombre à chaque niveau. Les différents objectifs sont quant à eux très simplistes, puisque vous aurez le choix entre protéger votre civilisation en attaquant l'arsenal du peuple ennemi, détruire leurs forteresses ou leurs défenses, ou encore escorter un convoi de Mantas. Bien que peu originaux, il n'est également pas rare de répéter plusieurs fois les mêmes objectifs au sein d'un même niveau comme dans la forteresse des Mokai où il vous faudra détruire plusieurs fois les mécanismes afin de percer leur défense.

Seuls les affrontements avec les gigantesques boss retrouvent de l'intérêt et donnent lieu à des batailles assez palpitantes et très spectaculaires. Autre point noir, la présence récurrente de cut-scènes nous expliquant les futurs objectifs cassent le rythme du jeu à des moments pourtant propices à une action soutenue. Par ailleurs, Lair compte en tout 15 niveaux qu'il faudra finir d'une seule traite sous peine de recommencer la totalité de la mission. Disposant de 3 vies à chaque début de mission, des checkpoints seront présents si vous mourrez, mais passées vos 3 chances, retour à la case départ. Un point plutôt positif qui relance la durée de vie du jeu qui est d'environ d'une dizaine d'heures. Ajoutez à cela qu'un système de récompenses à chaque fin de niveau fait son apparition à travers l'attribution de telle médaille selon vos performances. De quoi vous donner envie de refaire le jeu afin d'obtenir des médailles d'or pour toutes les missions, d'autant que celles-ci débloqueront divers bonus comme le making-of du titre ou encore diverses bandes annonces. Enfin, si vous êtes agréablement surpris de constater qu'un mode en ligne est présent dans le menu principal, sachez que ce mode ne propose en fait qu'un classement mondial des performances des joueurs. Cruelle déception quand on imagine les possibilités qui auraient pu s'offrir aux joueurs comme s'affronter en réseau dans des modes Deathmatch ou autres, au sein de terrains de jeu véritablement immenses.

Une réalisation perfectible

Même si Lair s'avère au final une cruelle déception, il faut reconnaître cependant l'effort de Factor 5 concernant la réalisation graphique du titre, qui, sans être exempte de défauts, nous montre quand même qu'on est bien sur un jeu PS3. A défauts des missions peu variées et redondantes, les environnements dans lesquels vous planerez dans les airs sont au contraire d'une grande variété et de toute beauté. En effet, chaque mission nous tape à l'œil et propose un univers très recherché. Des immenses vallées habitées aux montagnes enneigées, en passant par des déserts chauds, ou encore des imposantes forteresses construites sur l'eau, on est sans cesse dépaysé et l'impression de régner seul au dessus de ces immenses terrains de jeu fout franchement le vertige et donne pas mal de frissons. La modélisation de certains bâtiments comme la forteresse Mokai, où une mission de nuit se déroule, est particulièrement réussie avec des textures fines et très détaillées. De même pour les dragons ou autres créatures, qui sont modélisés à la perfection et qui bénéficient d'animations très réalistes, dans les airs comme sur terre.

Autre point fort, la distance d'affichage est tout simplement énorme, votre vue se posera à des kilomètres à la ronde pour un effet de vertige et de liberté garantie. La liberté est telle qu'on aura même peur de se perdre tant les environnements s'étalent à perte de vue, sensation qui est la bienvenue par rapport au cloisonnement que propose la jouabilité du titre. Les graphismes sont en plus servis par des effets visuels impressionnants par moments, comme le rendu de la mer qui s'avère particulièrement travaillé quand on la survole des airs. En effet, rarement la mer n'avait été aussi réaliste dans un jeu, tant les vagues brillent par leur volume et leur comportement proche du réel. Ajoutez à cela des effets de lumières particulièrement réussis caressant l'océan, vous aurez de quoi vous extasier les mirettes pendant un bon moment.

Paradoxalement, alors que l'ensemble bénéficie de graphismes soignés, on constate très rapidement qu'en se rapprochant d'un peu plus près, les textures fines et léchées laissent place à des décors d'une pauvreté extrême et pixelisés à souhait. Pire encore, vous constaterez à plusieurs reprises l'apparition d'un flou envahissant l'écran lorsque vous vous approchez trop près de bâtiments, rendant ainsi votre orientation presque impossible. Par ailleurs, si les phases au sol offrent un fun certain concernant la jouabilité, le plaisir de l'œil est largement revu à la baisse, car les décors sont pauvres à souhait. De plus, si les troupes de soldats présentes impressionnent par leur nombre, leur modélisation s'avère quand à elle cruellement bâclée et peine à nous convaincre. On aurait également apprécié des effets pyrotechniques plus jolis et spectaculaires. Au lieu de ça, le rendu des flammes et des explosions manque de volume et de détails.

Enfin, il est malheureusement triste de voir la perfectibilité concernant la technique dans son ensemble. Ainsi, malgré une distance d'affichage impressionnante, l'animation générale ne brille pas par une fluidité exemplaire et l'on constate de nombreuses chutes de framerate, surtout quand l'écran se retrouve surchargé d'effets visuels. Des saccades qui ne font que freiner un peu plus le plaisir du jeu déjà mince. Ajoutez à cela des déplacements de caméra plus que rageants rendant la progression difficile, vous comprendrez pourquoi Lair a tout du hit foiré tant ses défauts sont nombreux.

2,8
14
Graphismes
Bénéficiant de graphismes soignés dans l’ensemble, chaque mission propose un univers très travaillé pour un dépaysement garanti. Les effets visuels impressionnent comme le rendu de la mer à longue distance mais une fois qu’on s’approche de plus près, c’est là que le bas blesse. Les textures fines deviennent assez grossières et les décors sont très pauvres.
9
Technique
La distance d’affichage impressionnante est pénalisée par une animation générale qui bat de l’aile. Lair souffre de gros ralentissements et pêche par des déplacements de la caméra plus qu’hasardeux, rendant la progression difficile, comme si elle ne l’était déjà pas assez.
10
Jouabilité
Sans contexte le plus gros échec de Lair. Sans être impossibles à appréhender, les contrôles à la SIXAXIS s’avèrent trop sensibles et approximatifs. De plus, les phases de combat ne brillent pas par leur originalité, et sont au final redondantes. Seules les phases au sol plus agréables à jouer seront l’occasion de vous défouler.
13
Ambiance sonore
La bande son symphonique se marie parfaitement avec l’univers héroic-fantasy du titre. Les musiques accompagnent les moments forts de l’action. Les bruitages, à défaut d’êtres nombreux, sont pour la plupart très crédibles. Enfin, les superbes cinématiques sont renforcées par des doublages de bonne facture.
13
Scénario
Sans se distinguer par son originalité, l’histoire de Lair comporte son lot de moments épiques et tragiques qui s’inscrivent dans la lignée de tout bon récit d’héroic-fantasy. Le scénario est en plus gonflé par des cinématiques en images de synthèse tout simplement magnifiques.
12
Durée de vie
Ni trop court ni trop long, Lair compte en tout 15 niveaux se terminant en une dizaine d’heures, mais si vous décidez d’obtenir toutes les médailles d’or, la durée en sera allongée. On regrette cependant l’absence d’un vrai mode online qui fait cruellement défaut et qui aurait pu s’annoncer riche, vu la taille des différents terrains de jeu.
10
Plaisir de jeu
Alors qu’on s’attendait à des joutes mémorables entre rois des airs, jamais on ne prend véritablement son pied dans Lair, la faute à des contrôles approximatifs et de nombreux soucis techniques. Seules les phases au sol caractérisées par la destruction en masse de soldats offrira sa dose de fun décidément bien rare.
11
Note Globale
Attendu par beaucoup pour ses graphismes impressionnants et sa jouabilité entièrement basée sur les mouvements de la SIXAXIS, Lair s’avère au final un jeu très moyen. Si le premier aspect du titre ne déçoit que moyennement, la jouabilité de Lair laisse franchement à désirer et prouve que la SIXAXIS est encore une option plus qu’autre chose. Lair est en plus desservi par de nombreux soucis techniques entachant la progression du titre et qui déservent grandement l'intérêt du jeu.
Les + du Jeu

. Une distance d’affichage impressionnante
. Des environnements d’une grande variété
. Des phases au sol jouissives
. De superbes cinématiques

Les - du Jeu

. Une jouabilité plus qu’approximative
. Manque d’intérêt dans les phases de combat
. Un système de lock rageant
. Des déplacements de caméra foireux
. Des missions répétitives
. Animation générale pas top
. Pas de mode online

Acheter Lair d'Occasion à 8.10 € sur PriceMinister
Frais de port : 2.90 €

Afin de vous proposer des tests objectifs, sachez que tous nos tests sont lus et ajustés si besoin par plusieurs testeurs, avant d'être publiés.

Bookmark and Share  

Fiche consultée 1724 fois ce mois-ci, et 47333 fois depuis sa création