Accueil P3L > Dossiers PS3 > L'histoire des consoles de salon

Wim P3L Games Stats Flux RSS Firefox Folding@home

L'histoire des consoles de salon : 5ème génération

5ème génération (de 1993 à 2002) : la déferlante 3D, les consoles 32 et 64 bits.

La FM Towns Marty

La première console 32 bits du marché est une illustre inconnue pour la plupart d'entre nous. Sortie en 1991 par Fujitsu et basée sur l'architecture du PC FM Towns de la même marque, cette machine exotique proposée au prix très élevé pour l'époque de 700 $ est également la première à disposer d'un lecteur CD intégré (1X) et, plus original, d'un lecteur de disquette. C'est un échec au Japon, d'une part la console est trop chère et une grande part de la ludothèque est destinée à un public adulte (jusqu'à 140 $ par jeux) ce qui en fait une machine beaucoup moins ludique (quoique...) que la Megadrive ou la SNES. La Marty 2 sort en 1993 avec -là encore c'est une première- une connexion internet et un processeur plus puissant. Elle rencontrera un peu plus de succès que la première version mais sera vite étouffée par la déferlante Sony. Fujitsu en assurera le suivi jusqu'en 1999, près de 100 jeux sortiront dont le plus connu est Dragon Quest IV.

FM Towns Marty, pub Japonaise

La 3DO

3DO (pour Three Dimensional Object) est un système créé à l'origine par Trip Hawkins (ex Electronic Arts) et conçu pour devenir le standard universel du jeu vidéo. Le premier fabricant à se lancer dans l'aventure est Panasonic en 1993, suivi par Goldstar et Sanyo; son prix de 700 $ au lancement est jugé excessif et pénalisera le développement de la plate forme.

La machine, sans doute un peu en avance de ce point de vue, n'est pas simplement une console de jeu mais se veut une plateforme multimédia ; on y trouve donc des jeux, des titres éducatifs, des encyclopédies et des CD Porno. Le standard 3DO, souffrant d'une faible identité aux yeux des joueurs et d'un marketing trop disposé ne parviendra jamais à s'imposer malgré une ludothèque convenable et des performances techniques équivalentes à la Playstation. Il s'en vendra néanmoins 6 millions d'unités jusqu'à l'arrêt de son exploitation en 1995. La console aura eu pour elle le mérite d'être la première de cinquième génération (32 et 64 bits) et de lancer l'ère des jeux 3D.

3DO - Pub US

L'Amiga CD 32

Les noms de Commodore et d'Amiga provoquent instantanément des frissons dans l'échine des anciens gamers, évoquant une gamme d'ordinateurs très populaires dans les années 80. Mais au début des années 90 Commodore est en difficulté et décide de s'attaquer au marché des consoles, après une première tentative infructueuse avec le C64 GS (un Commodore 64 sans clavier) en 1987. Dès 1992 l'idée est lancée d'utiliser l'architecture de l'Amiga 1200 pour en faire une console de salon, remplaçant au passage le lecteur de disquette par un CD ROM (2X).

Malheureusement, la machine est techniquement vieillissante dès sa conception et le pad qui l'accompagne souffre d'une prise en main inadaptée pour le jeu et de boutons trop rigides. De plus, alors que Commodore souhaitait un lancement mondial, leurs difficultés financières sont trop importantes et la firme devra se limiter à une sortie en Angleterre en août 1993 au prix de 375 €, puis dans le reste de l'Europe avant Noël 1993. En plus de ses défauts, l'Amiga CD32 sort dans une période de récession du jeu vidéo, les pertes s'accentuent pour Commodore, les filiales ferment progressivement et fin avril 1994 la société est déclarée en faillite. Seul Commodore UK continue à subsister et propose la console jusqu'à fin 1994 avant son arrêt définitif. La ludothèque contenait environ 200 jeux (le plus vendu est Simon the Sorcerer), la plupart issus de l'Amiga 1200 voir même du "vieux" 500.

Amiga CD 32, pub Anglaise.

La Jaguar

Depuis 1986 et la médiocre 7800, Atari ne s'est plus exprimé sur le marché des consoles de salon (une console portable, la Lynx, est sortie en 1989). Développant en secret depuis le début des années 90 un projet nommé Panther dans l'espoir de concurrencer Nintendo et Sega, la firme New-yorkaise lance finalement en 1993 la Jaguar, console à cartouches équipé d'un lecteur CD Rom optionnel, fabriquée en partenariat avec IBM. Atari axe sa campagne de communication sur la puissance de sa console, en théorie 64 bits mais en fait le processeur central est bien un 16/32 bits cadencé à 13 Mhz, le vieillissant Motorola 68000 (qui équipait déjà la Megadrive).

Au départ les ventes sont plutôt bonnes, faute de réelle concurrence, mais la Jaguar souffre d'un catalogue de jeux limité, d'une programmation délicate et d'une fiabilité défaillante. De plus, la firme en tentant de faire passer sa console pour plus puissante qu'elle ne l'est réellement souffre d'une mauvaise image auprès des joueurs. L'arrivée de la Saturn puis de la Playstation sonneront la mort précoce en 1995 de la Jaguar qui, est à ce jour, la dernière console produite par Atari qui ne se remettra pas de ses difficultés financières avant son rachat par Hasbro en 1998.

Jaguar - Plusieurs pub US

La Saturn

Nous en sommes en 1994 et la Megadrive commence à vieillir malgré l'ajout de périphériques mal exploités (CD et 32X), c'est le moment pour Sega de sortir (au Japon dans un premier temps, puis dans le reste du monde en 1995) sa sixième console qui portera donc le nom de la sixième planète du système solaire : Saturn.

La console a d'énormes qualités et domine sa rivale, la Playstation de Sony, au niveau du rendu 2D et des performances sonores. Malheureusement, son architecture à 2 processeurs la rend plus difficile à programmer dans le domaine de la 3D, moins maitrisé par les développeurs. Le lancement est pourtant un succès au Japon (500 000 exemplaires vendus en 3 mois), grâce notamment à Virtua Fighter, premier jeu de combat en 3D sur une console de salon. Mais en Europe, la console est pénalisée par son prix quasiment 2 fois plus élevé que la Playstation (environ 500 € pour la Saturn contre 300 € pour la Playstation). De plus, la notoriété de Sony auprès du grand public jouera beaucoup alors que Sega n'est connu quasiment que des gamers. Le fossé se creuse donc rapidement entre les 2 poids lourds du moment, d'autant que Sega commet l'erreur de ne pas adapter en Europe et en Amérique du Nord les hits qui font la renommée de la Saturn au Japon. Finalement, c'est la sortie en 1997 de Final Fantasy VII sur la machine de Sony qui mettra définitivement la Saturn au tapis et un pied dans la tombe à Sega. Un rapprochement sera envisagé avec 3DO pour contrer Sony mais qui n'aboutira pas.

La carrière de cette bonne machine mais mal exploitée s'achèvera en l'an 2000 avec « seulement » 10 millions d'exemplaires vendus dans le monde et quelques jeux mythiques : Virtua Fighter 2 (meilleur jeu vendu de la console), Sega Rally Championship, Virtua Fighter, King of Fighter '95

Saturn - Pub US

Saturn - Pub US

La Playstation

La première incursion de Sony dans l'univers des consoles remonte au milieu des années 80 lorsque Nintendo leur demande de développer un système de jeux sur support CD (voir ci-dessus). Le projet avortant, Sony décide de se lancer seul non sans avoir penser à tout arrêter. Quelques semaines seulement après la sortie de la Saturn, la première console de Sony est lancée au Japon fin 1994 (septembre 1995 en Europe et en Amérique du Nord).

Rapidement, la Playstation s'impose comme étant la référence des consoles 32 bits, grâce à son prix bien inférieur à celui de la Saturn, à une meilleure gestion de la 3D, à une grande notoriété de la marque auprès du grand public et à une communication mieux maitrisée et plus agressive que Sega. Pourtant, du moins au lancement, le catalogue de jeu de la Playstation est moins riche et moins intéressant que celui de la Saturn, qui bénéficie de l'expérience de Sega dans le domaine de l'arcade ; mais rapidement de nombreux hits viendront enrichir le catalogue de la console : Gran Turismo (record des ventes avec près de 11 millions d'unités vendues), Final Fantasy VII, Crash Bandicoot, Metal Gear Solid, Silent Hill

Au cours de sa carrière, la Playstation connaitra environ 20 différentes versions pour corriger divers problèmes de fonctionnement (qualité du lecteur CD, surchauffe, freeze …) et quelques lifting dont le principal en l'an 2000, avec la sortie de la Psone.

En 2006 la production de la première console de Sony s'arrête avec au compteur plus de 100 millions de Playstation vendues, établissant à l'époque un nouveau record. Le catalogue jeu est également remarquable avec plus de 1600 jeux produits pour l'Europe (près de 5000 au Japon !) et près d'1 milliard de jeux vendus en cumulé (chiffres au 30 juin 2008).

Playstation - Pub France

Playstation - Pub France (CAP)

PSOne - Pub Japonaise

Playstation - Pub US

Playstation - Pub Internationale "Je joue donc je suis"

La Pippin

A l'origine conçue par Apple, la firme souhaite faire de la Pippin une console à technologie ouverte sur le modèle de la 3DO. En 1995, Bandaï sort la console au Japon puis en 1996 aux Etats-Unis. Techniquement la plate forme est plutôt performante puisque basée sur l'architecture des ordinateurs Apple de l'époque. Mais son prix est trop élevé (près de 600 $, soit deux fois plus que la Playstation à la même époque) et surtout le catalogue de jeux très réduit (une petite vingtaine de jeux) et peu attractif. Dans ses conditions la Pippin s'avère incapable de concurrencer la Saturn et surtout la Playstation, sa carrière s'arrête donc prématurément mi-97 avec seulement 45 000 unités vendues au compteur. La console terminera sa carrière chez Katz Media en tant qu'outil de présentation multimédia pour les entreprises.

La Nintendo 64

Suite à l'alliance avortée avec Sony, Nintendo a pris du retard dans le développement de ses consoles et sa dernière production, la SNES, ne fait plus le poids par rapport à la concurrence. En 1996, le retard est comblé avec la sortie de la Nintendo 64 (à l'origine nommée Ultra 64) plusieurs fois repoussée à cause de problèmes techniques. La console est une 64 bits mais n'est finalement pas beaucoup plus puissante que la Saturn ou la Playstation puisque Nintendo a dû brider sa machine afin de ne pas la sortir à un prix trop élevé. En effet, la N64 est plutôt bon marché puisque proposée au prix de 150 € à sa sortie en Europe en 1997, par contre Nintendo ayant fait le choix surprenant de conserver le support cartouche (pour limiter les temps de chargement et le piratage), le prix des jeux est plus élevé (environ 15 € de plus par rapport à un jeu sur CD).

La manette livrée avec la machine dispose d'un stick, élément révolutionnaire pour l'époque, ce qui permet à la firme de proposer un gameplay différent et dispose également d'un port à extension sur lequel le joueur pourra par exemple connecter un kit vibration ou une carte mémoire. Au Japon les débuts sont difficiles, la Playstation est déjà bien implantée et les joueurs préfèrent les jeux sur support CD ROM qui permettent une plus grande capacité de stockage et donc la possibilité d'intégrer des cinématiques, ce qui est beaucoup plus problématique pour une cartouche. Pour pallier à cela, Nintendo sortira (uniquement au Japon) un accessoire pour lire les CD : le 64DD qui intégrait également un modem pour pouvoir jouer en réseau et lire ses mails. Dans le reste du monde la N64 est plutôt bien accueillie, les joueurs ayant plaisir à retrouver les franchises qui ont fait la renommée de la marque, dont principalement : Mario Kart 64, Zelda, Super Mario 64.

Malheureusement pour Nintendo, les éditeurs tiers délaisseront la console et le catalogue de jeu sera bien moins fourni que celui de la Playstation notamment. Pour dynamiser les ventes, la console sortira sous plusieurs variantes, notamment de couleurs. La Nintendo 64 ne parviendra pas à toucher le grand public et sera donc avant tout la console des fans de la marque, terminant sa carrière fin 2001 avec 34 millions de ventes dans le monde ; un chiffre honorable mais décevant pour la firme qui perd temporairement son leadership sur le marché des consoles de salon.

N64 - Pub Française

N64 - Pub US

Bookmark and Share  

Dossier consulté 1 fois ce mois-ci, et 1 fois depuis sa publication