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L'histoire des consoles de salon : 4ème génération

4ième génération (de 1987 à 1996) : la rivalité Nintendo/Sega, les consoles 16 bits.

La PC-Engine

En 1987, NEC sort une console en avance sur son temps : la PC-Engine. Considérée comme étant la première console de quatrième génération (16 bits), elle est également la première à disposer d'un lecteur de CD Rom optionnel dès 1988. Malgré sa petite taille ses performances sont géantes, notamment la qualité de son processeur graphique qui permet des performances jamais vues à l'époque.

Elle sort aux USA en 1989 sous le nom de Turbografx16 puis en France en 1990 sous le nom de CoregrafX, dans une version restylée (il sortira au total 12 déclinaisons de la PC-Engine). Au niveau de la ludothèque, le catalogue est riche d'environ 600 jeux, parmi lesquels de solides franchises, issues principalement du monde de l'arcade : After Burner, Castlevania, Bomberman, Golden Axe, Shinobi … La PC-Engine restera pour beaucoup LA console des shoot'em'up.

Il s'écoulera environ 10 millions d'unités de la machine et de ses nombreux dérivés dans le monde, avec un succès particulièrement au Japon et en Amérique du Nord mais un accueil mitigé en Europe, à cause surtout d'une mauvaise distribution et d'un manque de communication. Cette excellente machine aurait sans doute mérité un plus grand succès mais elle souffrira de la mainmise totale de Nintendo sur les éditeurs tiers.

PC-Engine, pub Japonaise

Turbographx 16, pub US

La Megadrive (ou Genesis)

En 1988, la NES de Nintendo détient 92% du marché Japonais et 95% du marché Nord Americain et Sega n'est pas parvenu à imposer la Master System. Face à une NES vieillissante, la firme est le premier des 2 géants à sortir une console 16 bits : la Megadrive. D'abord proposée au Japon, elle sort en 1989 en Amérique du Nord sous l'appellation Genesis (Megadrive étant déjà déposé) puis en Europe à la fin de l'année 1990. Une version relookée, la Megadrive II, sortira en 1992.

Segaporte un intérêt particulier aux marchés Américain et Européen, d'une part parce que Nintendo est trop bien implanté au Japon et d'autre part Big N méprise l'Europe depuis le lancement de la NES. Par rapport à la PC-Engine, qui sort quasiment en même temps aux USA et dont les performances techniques sont équivalentes, la Genesis bénéficie du soutient d'Electronic Arts et d'un bon nombre de partenaires qui manqueront cruellement à NEC. La Megadrive sort non zonée, ce qui permet aux joueurs Européens de se tourner vers l'importation pour profiter des exclusivités sortant sur les autres territoires. Le personnage emblématique de la console est bien sur Sonic, qui apporte un nouveau souffle au jeu de plateforme avec son gameplay beaucoup plus dynamique et nerveux que les classiques du genre. En fin de vie, le catalogue de la Megadrive comptait plus de 800 jeux.

La console est une réussite commerciale incontestable et Sega, pensant profiter de cette vague, décide de pourvoir la console de plusieurs accessoires dont les plus connus sont le Mega-CD en 1991, malheureusement, la technologie CD n'est pas encore assez performantes pour apporter un vrai plus (temps de chargement trop longs notamment) et les jeux exploitent mal les qualités du support ; et le 32X (gestion de la 3D) en 1994, un échec total puisqu'à l'époque tous les regards sont déjà tournés vers les consoles de nouvelle génération.

La Megadrive termine sa belle carrière en 1998 après 10 ans d'existence et quelques 35 millions d'exemplaires écoulés (seulement 3,6 millions au Japon !), un record pour Sega. Sonic 2, sorti en 1992, sera le jeu qui s'est le mieux vendu sur la plateforme.

Sega Megadrive - Pub Française

Sega Genesis - Pub US (1992)

La Super-Famicom (ou super-NES)

1990, la NES a 6 ans et domine sans partage le marché Japonais malgré la sortie 2 ans plus tôt de la Sega Megadrive qui commence à grappiller des parts de marché. Il est donc temps pour Nintendo de passer à la vitesse supérieure, ce qui est chose faite avec la sortie de la très attendue Super-Famicom. Techniquement moins véloce que la console de Sega (son processeur central est 2 fois moins rapide), elle offre de bonnes performances graphiques et surprend notamment grâce au Mode 7 qui donne une impression de 3D. Dès sa sortie au Japon (à 210 €) c'est un succès, 300 000 premiers exemplaires sont écoulés la première semaine, ce qui est bien sur admirable mais en deçà du raz-de-marée attendu. Le faible line-up de la SNES à sa sortie ne joue pas en sa faveur mais la réputation de Big N sur le marché Japonais est solide et les principaux développeurs tiers (Capcom, Square, Konami …) ne jurent toujours que par Nintendo. Rapidement, la Super Famicom sort en Amérique du Nord et en Europe (respectivement en 1991 et 1992) sous l'appellation Super Nes.

C'est donc une véritable guerre de tranchée que se livrent les 2 géants Sega et Nintendo, la SNES et la Megadrive se partagent le marché équitablement à partir de 1992, et pendant les années suivantes, mais c'est la Super Nintendo qui remportera la bataille grâce notamment à sa plus longue durée de vie et sa domination du marché Japonais.

Avec cette génération de console, un nouveau modèle économique se met également en place. Jusqu'à présent, Nintendo avait un entier contrôle sur les jeux qui sortaient sur ses consoles (chaque jeu doit être approuvé, pas plus de 5 jeux par an par éditeur tiers et 2 ans d'exclusivité) et pour la première fois, un éditeur (Acclaim) commença à sortir des jeux simultanément sur les 2 plateformes, vite imité par les autres. La fin d'une époque et un coup dur pour Nintendo.

Au niveau des jeux, la SNES continue dans la lignée de son ainée en exploitant les célèbres franchises de la firme. On retrouve donc sans surprise Mario, Donkey Kong et Zelda (pour ne citer qu'eux) dans les top sellers de la console. Fin 1994, Donkey Kong Country se fera particulièrement remarquer puisqu'il rivalise visuellement avec les jeux sortant sur la nouvelle génération de console 32 bits (Saturn et Playstation).

La vie de la SNES se termine fin 2000 en Europe et en Amérique du Nord mais poursuivra sa carrière jusqu'en 2003 au Japon avec au total plus de 49 millions de consoles vendues dans le monde.

Super Famicom - Pub Japonaise

SNES - Pub US

SNES - Pub en Français (Québec)

La Neo Geo et Neo Geo CD

Celle qui fut longtemps considérée comme la Rolls des consoles (elle permettait d'avoir chez soit exactement les mêmes jeux que dans les salles d'arcade) sort en 1990. Au départ uniquement en location ou dans certains hôtels, SNK, son fabricant, comprend vite qu'il y a là un filon à exploiter. La Neo Geo est donc proposée à la vente au Japon (uniquement en import dans le reste du monde au prix d'environ 4000 francs de l'époque et chaque jeu se négocie entre 1500 et 2000 francs, ce qui en fait la console la plus chère de l'histoire).

Basée autour du célèbre processeur Motorola 6800 (qui équipait entre autre le célèbre Amiga et la Megadrive) et du processeur graphique Zilog Z80, la Neo Geo est une machine très puissante et très facile à programmer puisque les développeurs connaissent ses composants par coeur. Par contre la RAM embarquée est assez faible puisque ce sont les cartouches qui en intègrent l'essentiel, ce qui en explique en partie le prix et la taille démesurée.

Bien sur, vu le prix affiché les ventes de la console sont limitées et SNK souhaite toucher le grand public. En 1994 la Neo Geo CD sort, avec comme son nom l'indique un lecteur CD à la place du port cartouche et plus de RAM embarquée. Malheureusement le lecteur est en 1X (et peu fiable), les temps de chargement sont interminables (jusqu'à 1 minute entre chaque niveau) et le prix de la console est encore élevé (450 €). La Neo Geo CD sera un échec malgré la sortie de la version 2 (même lecteur CD) en Europe et en Amérique du Nord et une version avec lecteur 2X au Japon en 1996.

Quoiqu'il en soit, la version cartouche restera un objet de convoitise pour beaucoup de joueurs et aujourd'hui encore certaines cartouches extrêmement rares (Ultimate 11, tiré à une dizaine d'exemplaires) peuvent atteindre les 12 000 € et des jeux furent produit jusqu'en 2004, un record.

Neo Geo - Pub Japonaise

Le prototype Nintendo Playstation

Nous somme en 1992 et voici le prototype qui aurait pu changer la face de la planète jeu vidéo. Dès 1986, Nintendo envisage de porter ses jeux sur support CD et décide de le faire en partenariat avec Sony (un contrat est signé en 1988) qui se lance donc dans le développement du SNES-CD. Le projet est sur le point d'être dévoilé au CES de 1989 mais le PDG de Nintendo dénonce le contrat au dernier moment, jugeant notamment inacceptable le passage du contrat qui donnait à Sony la propriété de tous les jeux sur support CD. Big N se tourne donc au dernier moment vers Philips avec un accord différent, qui permet à Nintendo de garder le contrôle total de ses licences. Il en résultera quelques adaptations médiocres sur CDI, notamment de Zelda. Sony, qui avait finalement choisi de baptiser le projet Playstation, décide dans un premier temps d'en arrêter le développement avant de prendre la décision de poursuivre l'aventure seule. Un boulversement est en marche.


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